Budget de l’Union européenne : pour un contrôle démocratique

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Budget de l’Union européenne : pour un contrôle démocratique

Depuis quelques jours, les décideurs européens planchent sur le cadre budgétaire pluriannuel. En d’autres termes, le budget de l’Union européenne. Un exercice qui court sur sept ans. C’est un enjeu essentiel puisqu’il sert à financer les politiques européennes comme la politique agricole commune, les programmes jeunesse, les fonds de cohésions, versés aux collectivités locales pour financer des projets d’infrastructures, de politiques sociales ou de développement. Mais cet exercice ne constitue pas qu’un enjeu financier, c’est aussi un enjeu démocratique, un défi pour l’avenir car la facture du Brexit peut inciter certains Etats à voir réduire ce budget.

 

Le budget de l’Union européenne ne doit pas baisser

 

L’idéologie néo-libérale milite pour l’Etat minimal et des budgets publics limités – ce qui n’empêche jamais les banques qui jouent au casino avec l’argent des gens de demander de l’argent public pour se renfloue, avant de récidiver. Pourtant, les Etats de l’Union européenne ont besoin d’argent pour leurs agriculteurs : pour la défense des exploitations agricoles de moyenne et petite taille face aux grosses structures, pour poursuivre la transition écologique notamment. Ils ont besoin d’argent pour permettre aux régions pauvres de poursuivre leur rattrapage par rapport aux régions riches : les Länder d’Allemagne orientale par exemple ou les régions de pays comme la Roumanie et la Bulgarie. Ce décalage entre régions riches et régions pauvres n’est pas toujours sans conséquences politiques comme l’illustre la crise catalane.

S’il n’y a pas de politique de cohésion efficace, ce qui menace c’est assez logiquement la dislocation.

 

Un enjeu démocratique mais aussi un problème institutionnel car nous allons discuter maintenant d’une programmation qui va engager le Parlement européen qui sera élu en 2019.

 

Quelles priorités pour 2021-2027 ?

 

La PAC. Comment assurer un financement plus juste, prioritairement pour les agriculteurs qui en ont vraiment besoin tout en poursuivant la transition écologique ? Voilà un des grands enjeux.

Un autre enjeu est l’ensemble des politiques d’intégration qui permettent de mieux accueillir les migrants, de mieux financer des politiques de sécurité et de défense devenues incontournables même si plusieurs Etats-membres rechignent à les assumer.

La poursuite du combat pour l’emploi des jeunes, leur formation et leur mobilité demeure une priorité. Enfin le développement des territoires pour des transports de qualité

 

Se mettre dans le jeu

 

Dès maintenant, les citoyens doivent se saisir de ce débat. Les consultations citoyennes que propose le Président de la République doivent être l’occasion de porter ces questions sur la place publique et légitimer les positions françaises dans les négociations sur  le cadre financier pluriannuel. Plus d’ambition européenne doit aller de pair avec plus de moyens financiers pour les politiques européennes ! Comment ne pas penser que les citoyens demandent des moyens à la hauteur des enjeux ?

 

La France pourrait via ses régions, ses parlementaires et ses acteurs économiques, proposer des assises territoriales pour mieux informer sur les enjeux de ce budget et mieux défendre ses intérêts pour obtenir un meilleur budget pour l’Union européenne et pour elle-même.

Christine Revault d’Allonnes-Bonnefoy; 

Députée européenne

 

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